Histoire et Philosophie

Beaucoup de gens apprécient de boire du vin sans rien connaître ni ses origines ni son histoire, ce qui pourtant lui donne toute sa force propre et sa profonde philosophie aux quatre coins du monde. Certains considèrent que ce fût la Grèce qui en premier découvrît l’art de la fabrication du vin, quand d’autres croient plutôt à Rome, mais la recherche scientifique et archéologique contredisent ces faits.

Une des principales sources écrites «Oxford Companion to Wine» (De Janis Robinson, 1984), déclare que l’histoire de la tradition du vin trouve sa source dans la vallée fertile du Caucase Sud, l’actuelle Géorgie

“Des graines de ce qui semblent être des raisins domestiques (qui diffèrent des graines des variétés sauvages) datant d’environs 6000 ans avant JC ont été trouvées en Géorgie, …”(Rod Phillips, 2001: A Short History of Wine. London)

A cette époque déjà, l’ancien peuple du Caucase du Sud avait découvert la mystérieuse transformation du jus de raisins sauvages en vin alors qu’il le laissait dans des vases d’argile appelés Kvevris et enterrés dans le sol. Le savoir-faire s’est ensuite lentement développé et perfectionné pendant des siècles.

Les Kvevris sont des vases spécialement conçus pour la fabrication du vin. Les phases de production et de consommation se sont développées aux cours de milliers d’années jusqu’à aujourd’hui, et les Kvevri trouvent toujours la même importance dans la fabrication du vin que dans le passé dans cette région du Caucase du Sud. Beaucoup de famille géorgienne perpétuent immuablement leur riche culture de la fabrication du vin. Ils possèdent derrière leur maison des endroits spécialement dédiés, appelés Marani, où ils enterrent leurs Kvevri de différentes tailles.

Les Kvevri sont considérés comme les meilleurs des faïences découvertes par les archéologues géorgiens. En fait, l’artisanat potier géorgien est millénaire et des objets anciens démontrent clairement le grand savoir-faire des artisans géorgiens dans les mains desquels l’eau, l’argile et le feu furent tournés en de gigantesques vases d’une beauté exceptionnelle et reflétant la grande histoire de cette culture ancienne.

La connaissance et le savoir-faire de la fabrication du vin étaient largement reconnus dans le monde antique. Plusieurs figures d’importance de cette période comme Appolo de Rhodes, Strabon ou Procopious de Caesaria ont mentionné le Transcaucasie et spécialement le territoire de la Géorgie dans leurs travaux comme étant la terre des premières variétés de raisins cultivées. Et c’est d’ici aussi que le vin et la méthode traditionnelle de la fabrication du vin dans le Kvevri se sont répandus dans la Mésopotamie, l’Égypte, la Grèce et le reste du monde. Des vases semblables aux Kvevri furent trouvés dans l’empire romain où ils étaient appelés «Dolium», en Grèce – «Pithos» et en Espagne – «Tinaja». De même qu’en français moderne, le mot «Vin» est considéré comme dérivant du Géorgien «Ghvino» («Wine» ; «Wein» ; «Vine» ; «Vino»; …)

L’amour spécial des géorgiens pour le vin n’est pas accidentel. Il a été fortement encouragé spécialement pendant le 4ème siècle après JC par la propagation du Christianisme en Géorgie par St Nino de Cappadoce (Constantinople). Elle illumina la Géorgie avec l’orthodoxie et sa croix faite en tiges de vignes liées entre elles par ses propres cheveux. La plus part des églises maintiennent encore ces décorations aux ornements de vignes. Ainsi la croix et la vigne obtinrent une place particulière dans le psyché de la Géorgie.

Mal grès être la plus vieille culture viticole du monde, les temps modernes n’ont pas été très tendre avec la tradition viticole géorgienne. Si par le passé le paysan ordinaire traitait avec beaucoup d’attention ses raisins, cela a radicalement changé durant la période soviétique. Sous la férule soviétique, le secteur viticole géorgien n’a plus pu se concentrer sur la fabrication artisanale du vin et celle-ci s’est transformée en une industrie de production de masse, et ainsi effaça presque de l’esprit de gens la nécessité d’une forte culture. Moins d’attention fût donnée à la qualité et plus à la quantité produite qui était destinée à l’immense marché russe. Mais rien n’est éternel et ainsi, des ruines de l’ancienne Union Soviétique, le vin géorgien commença à retrouver sa puissance et à se développer grâce au savoir transmis par les ancêtres et leurs mains d’or.

Aujourd’hui, le vin occupe de nouveau une place centrale dans la vie de tous les géorgiens et en général dans la culture géorgienne. On peut trouver de nombreux fermiers dans différentes régions viticoles de Géorgie produisant leur propre vin et particulièrement heureux lorsqu’il s’agit de voir leurs hôtes le déguster.

Beaucoup des producteurs de vin étrangers à la Géorgie n’ont aucune connaissance de Kvevri et de la manière traditionnelle de fabriquer le vin, et seulement quelques-uns seulement ont commencé des recherches sur les origines du vin et ont découvert cette vieille tradition de la fabrication du vin en Géorgie. Ils ont compris les avantages de cette méthode et des Kvevris et ont changé leur philosophie de production de vin. Ce n’est pas un secret : leur vin sont si bons que d’années en années ils reçoivent les meilleures récompenses. Par exemple un producteur de vin de Friuli Venezia Guilia obtient toujours la plus grande classification possible décernée, les « TRE BICCHIERI » par le Gambero Rosso – vini dItalia. De plus en 2007 il fût élu meilleur producteur de l’année en Italie par la même institution.

Cela montre combien sont importantes ces traditions même dans notre monde moderne, et comment est important notre devoir de préserver cet art de la fabrication des Kvevri comme partie faisant de la tradition viticole géorgienne.